LE COMPLEXE 44444


Le lendemain.
Moi,enfant ,je regarde le sang sèché sur la route.
Je vois le camion,couché dans les blés.
Je vois l'hôtel du pont,le toît effondré,les poutres noires fument encore.
Les femmes les hommes les enfants ont dans leurs yeux un vide.
Je comprends que ma vie a tenu au hasard positif ,qu'un camion chargés d'hommes en armes, rencontre un engin
sophistiqué et blindé assez tard pour que nôtre fuite ,ma mère et mes frères soit possible.
L'histoire de ce jour n'en finit jamais de s'écrire en moi,et par moi vers d'autres.
Des bribes remontent le temps,tout le temps.
Mon vieux,notre père,de retour de Bavière et de cinq ans de stalag,voulut un jour nous apprendre la guerre.
Sa leçon tomba faux.
Il aggrava son cas en nous menaçant d'une discipline loin ,trés loin de ce qu'il eut fallu dire et faire.
Ce jour la,le jour des deux assiettes ,il perdit à mes yeux sa face.
J'y gagnais la mienne,mais ce fut par une borne qui cloua pour toujours une porte entre lui et moi.
Ma mère commença à en souffrir.Mes frères étaient trop jeunes.


Ces pages tiennent de l'autobiographie
Je continue à partager ma fureur de vivre avec des compagnons et des compagnones .
La biographie est inséparable de l'art de vivre la vie de l'art,la sienne et celle de ses compagnons et compagnones

A ce sujet ,je vous prie de bien vouloir consulter un texte de Geneviève Huttin .

SUITE LC 55555

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